Colonnes Le langage des odeurs, 3 ème partie

Le langage des odeurs, 3 ème partie

01/10/17 07:46:49

de: John Biebel

Devenir amateur de parfums n'exige pas seulement d’être à l’affût de nouvelles découvertes olfactives. Cela demande entre autres d’assimiler un nouveau langage, celui des odeurs. Il faut donc se familiariser avec des termes spécifiques à la parfumerie. Des étapes de composition à la mise sur le marché,  le vocabulaire n’est pas toujours simple à décrypter. Fragrantica vous aide donc à y voir plus clair à l’aide de cette série de 5 articles.

Aujourd’hui, c’est au tour de John Biebel de la version anglaise du site Fragrantica, de lever le voile sur certaines confusions. Dans cette troisième partie, on parlera poids, volume, accord, notes… Cliquez ici ou ici pour retrouver les précédents articles de notre dossier.  

weighing herbs

Si le poids est la force exercée par la gravité, c’est aussi un terme que l’on utilise en parfumerie, pour la composition des formules et les matières premières. Lorsqu’il compose, le parfumeur écrit la forule d’un parfum, c’est à dire qu’il annote auprès de chaque ingrédient la quantité qu’il va utiliser, sur un total de 1000 grammes.  Une quantité en grammes, une unité de masse. On teste ensuite cette formule en la ramenant proportionnellement sur un total de 100 grammes, dans un souci d’économies.  C’esy ce qu’on appelle “peser la formule”.

La notion de poids en parfumerie réfère aussi à celui des matières premières. En effet, toutes n’ont pas le même poids moléculaire. Les agrumes sont par exemple des notes volatiles en raison de leur faible poids moléculaire, à l’opposé de la vanille ou des muscs qui seront plus lourds. Cela conditionne leur durée de vie sur la peau, et c’est notamment pour cette raison que le parfum évolue au fil de la journée. On parle de notes de tête pour désigner les notes au poids léger, et de notes de fond pour les notes boisées, ambrées ou musquées, plus lourdes et tenaces.

Le volume concerne quant à lui la quantité de parfum dans un flacon.

lily of the valley on a piano

Un accord est un ensemble de matières premières, un mariage d’ingrédients en quelque sorte, créant un effet olfactif. C’est généralement l’élément central d’une formule, que l’on va ensuite habiller pour créer une vraie composition.

Une note est une matière première, un composant, que l’on classe généralement en 3 temps: notes de tête, notes de coeur et notes de fond, suivant leur durée de vie sur la peau. C’est aussi la caractéristique de l’odeur d’une matière ou d’une composition (note florale, note boisée…)

houbigant fougere royale

[Les deux termes suivants ne prêtent pas nécessairement à confusion en français, mais sont relativement proches dans la langue anglaise de l’article, que je traduis ici.]

Le headspace (on parle de “reconstruction” en anglais) est un processus par lequel un parfumeur recrée un composant odorant, en s’inspirant de la nature. C’est à dire que celui-ci va analyser les ingrédients chimiques qui composent la plante (ou un lieu odorant par exemple), pour ensuite reconstituer son parfum à l’identique, à l’aide de ces divers composants chimiques. Le headspace va ainsi permettre au parfumeur de capturer les molécules odorantes d’une fleur ou d’une plante pour le recréer artificiellement. Un procédé qui offre au parfumeur une plus grande liberté artistique puisqu’il est libre d’imaginer la fleur à différents moments de la journée, suivant le degré de concentration des composants.

Une réédition (“recreation” dans la terminologie anglaise), est un parfum que l’on a relancé sur le marché. Une reconstitution possible grâce à l’analyse d’un échantillon de la formule originale. Parfois, parce que les matières premières de l’époque ne sont plus disponibles, il est nécessaire de procéder à quelques ajustements de la formule, pour parvenir à un résultat olfactif proche. On parle alors de reformulation. La  Fougère Royale d’Houbigant illustre parfaitement ce cas de figure, une réédition, actuelle du célèbre et premier parfum “moderne” de 1882.

 

                            Traduction française: Sophie Normand. 

 

John Biebel

 

John Biebel écrit pour  Fragrantica  depuis 2011. Diplomé en art de la  Cooper Union de New York City, il vit à Boston où il travaille comme concepteur de logiciel. Il a fondé son propre projet parfum en 2015,  January Scent Project. Il s'intéresse tout particulièrement à l'histoire du parfum, au travail de composition et de chimie, et aime interviewer des parfumeurs à l'occasion de ses voyages. C'est un fervent amateur de parfums classiques et vintages, à l'instar des fougères par exemple.  Mais c'est aussi un grand admirateur de la parfumerie de Serge Lutens. 

 



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